Parapentes au col du Golet

Parapentes au col du Golet

Je suis de retour de mes vacances dans les Alpes
Objectif : rééducation à fond.

Le problème de l’immobilisation longue des jambes, c’est que les muscles fondent rapidement

Les promenades d’une à deux heures sur terrain plat, en pleine nature en bord de Seine derrière chez moi m’ont permis de retrouver un peu la forme sur ce plan, mais ce n’était pas suffisant

De plus, la reprise du travail en mi-temps thérapeutique m’était à la fois bénéfique pour la marche, mais aussi destructeur pour la forme.
Les deux heures de transports en communs aller, plus deux heures retour, représentent plus de piétinements et de bousculades que de marche proprement dite
Sans compter que même avec une canne, il est rare que quelqu’un vous cède une place assise.

Au travail, je reste assis pratiquement toute la journée devant l’ordinateur, alors que cette position est intenable à cause des douleurs qui surviennent au bout d’une heure.

Cela m’oblige à aller faire périodiquement le tour de la société, suivi de montées et descentes volontaires d’escaliers pour me décoincer les rotules.

J’essaie d’allonger les jambes, mais c’est alors le dos qui souffre, bref vivement les vacances !

Certains m’ont dit « Des vacances ? mais cela fait des mois que tu ne bosses pas ! »

Eh bien oui, rester immobilisé des semaines durant, puis être incapable de sortir sauf pour me faire emmener chez le Kiné, ce ne sont pas des vacances.

J’avais besoin de pouvoir enfin marcher librement, respirer l’air pur, reprendre confiance en mes capacité de bouger avec ces nouveaux genoux qui me semblent étrangers.

Allez hop ! pour tout cela, direction la montagne !

Direction Valmorel la Belle

Nous étions déjà allés à Valmorel pour des vacances d’été.

Cela nous a semblé idéal encore pour cette fois.
En effet, le relief est assez doux pour une station qui est assez élevée.

On y trouve tous les types de difficultés, depuis la ballade tranquille à la randonnée escarpée.

L’endroit est charmant, et les constructions ont préservé le site en donnant un aspect montagnard aux résidences de tourisme comme aux chalets individuels

Le centre ville est sympathique et on y trouve tout ce qu’il faut comme commerces.

Nous n’avons jamais essayé d’y aller l’hiver, les pistes nous semblant un peu trop « pépère ».

Mais vu mes capacités réduites, ce n’est pas impossible que j’y pense pour mes prochains sports d’hiver si toutefois cela m’est encore possible à l’avenir

Nous avons donc réservé deux semaines à Valmorel, puis une semaine à Termignon qui sera plus « pentu » pour augmenter la difficulté progressivement.

Douce remise en forme.

Nous avons commencé avec des ballades faciles…

Ce qui est agréable à Valmorel, c’est la diversité des paysages. La forêt est très présente au dessus, de vrais villages alpins se répartissent naturellement dans la vallée, et des crêtes montagneuses entourent l’ensemble et dévoilent les plus belles chaines du Mont-Blanc et de la Vanoise dès qu’on s’élève un peu en altitude.

Les premiers jours ont été difficiles quand même, il n’y a pas que mes quadriceps qui ont fondu, le cœur tape fort dans ma poitrine et le souffle me manque rapidement et j’ai pris 15 kilos.

Ici aussi c’est un mi-temps thérapeutique : je suis obligé de me reposer un jour sur deux tellement cela me semble dur.

Heureusement, après une dizaine de jours, je retrouve assez la forme pour randonner quatre heures de suite et tous les jours… mais qu’est-ce que je suis lent ! je mets deux fois plus de temps qu’avant pour la même distance, et le soir j’ai mal.

Ma femme et mon fils sont toujours avec moi, ce qui me réconforte et rend moins pénibles les efforts que je déploie pour me refaire une santé.

Le Crève-Tête : la randonnée clandestine

Au dessus de Valmorel, il y a un sommet nommé « le Crève-Tête » que j’avais fait cinq ans auparavant, et qui me nargue l’air de dire « Mon pauvre vieux, tu ne sera jamais capable de revenir sur moi ! ».

Il n’est pas très difficile, à part quelques passages en escalade, mais il est plutôt fatiguant.

Je commence à en parler à ma famille : ma femme trouve que ce serait déraisonnable dans mon état, et mon fils… mon fils lui est toujours partant, il a largement la forme pour le faire et c’est ce qui compte.

Les jours suivants, ma femme trouve toutes sortes de randonnées et d’activités à faire, c’est sympa, mais je connais le manège : c’est pour me sortir le Crève-Tête… de la tête

Moi-même en fait, je ne sais pas si j’en serais capable et je commence à abandonner le projet.

Puis, je choisis une journée, où nous avions tous décidé de nous reposer, pour aller faire une petite randonnée seul.

Je prends mon téléphone pour être joint, je préviens que je vais marcher, même si je ne sais pas encore vraiment où aller.

Mon idée est de monter au col du Golet, au pied du Crève-Tête et de redescendre doucement par la forêt qui longe sa base.

Me voici parti, vers le col du Golet en passant par la forêt du Prarion.

C’est dur ! j’essaie de marcher plus vite mais je suis obligé de m’arrêter régulièrement pour reprendre mon souffle. Quand je pense qu’il y a un an j’aurais fait ça comme une promenade !

Vue du col du Golet, vers les Lanches et la Vanoise au fond.

Vue du col du Golet, vers les Lanches et la Vanoise au fond.

Enfin, j’arrive au col !

La vue est superbe, le temps est beau mais on sent que cela va se gâter.

Un groupe de parachutiste fait du parapente et profite des courants pour planer sans limite de temps.

Vu d’ici, le sommet du Crève-Tête à l’air de me tendre les bras.

Je devrais obliquer sur la gauche pour redescendre, ce qui ferait déjà une belle ballade, mais c’est trop tentant.

Finalement, je me décide pour monter, en me promettant de rebrousser chemin à la moindre difficulté.

C’est dur, je suis obligé de m’arrêter à chaque lacet, et mes bâtons de marche me gênent dans les parties à escalader.
Plus question de faire demi-tour, ce serait plus difficile de descendre par ce chemin scabreux que par l’autre côté, beaucoup plus doux qui redescend du sommet par la forêt après avoir longé toute la crête

Finalement, le chemin s’aplanit et je débouche sur la sente qui mène au sommet : J’y suis arrivé enfin !

Enfin le Crève-Tête !

Enfin le Crève-Tête !

Comme un fait exprès, la batterie de mon appareil photo me lâche au moment d’immortaliser cet exploit (relatif tout de même).

Ah ! c’est vrai que j’ai pris mon téléphone portable : c’est donc à l’iPhone que je soumet mon beau portrait ravagé par l’effort.

Il n’y a plus qu’à descendre après avoir longé la crête, dont le sentier est un peu escarpé mais tout à fait charmant.

J’avais oublié que la descente est plus dure pour les genoux que la montée, et même si le paysage est superbe, la douleur commence à être très présente.

La forêt du prarion au dessus de Valmorel

La forêt du prarion au dessus de Valmorel

D'étranges créatures peuplent encore les bois.

D'étranges créatures peuplent encore les bois.

Descente du Crève-Tête vers le refuge de Pierre-Larron.

Descente du Crève-Tête vers le refuge de Pierre-Larron.

Le joli petit refuge de Pierre-Larron.

Le joli petit refuge de Pierre-Larron.

Finalement je suis arrivé quand le soleil déclinait.

Ma femme n’était pas spécialement contente après moi, mon fils faisait un peu la tête parce que je ne l’avais pas emmené, et moi je jouais les aventuriers alors que j’arrivais à peine encore à marcher : que du bonheur !

Je ne suis pas mécontent quand même de l’avoir fait, d’autant que c’étaient nos derniers jours à Valmorel et que je ne sais pas quand l’occasion se serait représentée.

La prochaine étape sera Termignon, au sud de la Vanoise, plus pentu et plus encaissé, et regorgeant d’activités me permettant de continuer à améliorer ma marche.

Ce qui est rassurant, c’est que les genoux tiennent le coup, le chirurgien en était sûr, mais c’est le genre d’expérimentation qu’on ne peut pas laisser aux autres.

Termignon, la Vanoise

Ce qui me manque encore c’est la précision : je marche de façon saccadée et les pieds se posent un peu comme ils peuvent.
À Termignon, il y a des parcs accro-branches qui devraient me permettre de m’entraîner en douceur.

Mais il n’y a pas que cela, Le paysage est magnifique pour peu que l’on s’éloigne de Termignon même et de la route principale

Et puis il y a un haras où je compte bien aller faire un tour pour une ballade montée en montagne

Gwendal : Bon sang que c'est haut !

Gwendal : Bon sang que c'est haut !

Gwendal, promenade à cheval.

Gwendal, promenade à cheval.

Termignon même est assez pauvre en commerces, pour trouver tout ce qu’on veut, il faut continuer vers l’Italie sur quelques kilomètres et s’arrêter à Lanslebourg.

Lanslebourg est une ville tout en longueur où l’on trouve vraiment de tout, que ce soit les fromageries, les souvenirs, de l’équipement ou les spécialités épicières italiennes, voire les restaurants.

En fait, c’est un peu le défaut de Termignon : il faut s’éloigner.

Soit à pied, il existe plein de belles promenades autour.

Soit en voiture, et là, on a accès en très peu de temps à des endroits magnifiques.

Un peu plus loin à l’est, passé Lanslebourg, se trouve le superbe lac du mont Cenis.

Sinon, en quittant Termignon pour aller plus au nord en traversant le domaine du Suffet, on trouve des randonnées superbes avec des lacs de montagne, des glaciers et des sommets enneigés.

Un très bon parc accro-branches se trouve dans la forêt du Suffet, en allant plus loin, les départs de radonnées abondent.

Le lac blanc, la dent Parrachée et le dôme de l'Arpon.

Le lac blanc, la dent Parrachée et le dôme de l'Arpon.

Parco-Branches, et Pont du diable

Pour finir ce (long) article, entraîné par mon fils, j’ai finalement cédé pour l’accompagner sur un parcours acrobatique.

Le but étant comme je l’ai dit d’essayer de retrouver un peu de précision dans les jambes, en faisant quelques parcours faciles à moyen (je n’ai pas tenté de niveau noir dans mon état).

En fait, la principale difficulté était au parcours de Termignon, à l’arrivée des câbles à roulettes, que l’on appelle « Tyroliennes » dans le civil.

En effet, je ne suis pas encore capable de bien maîtriser un amortissement sur les jambes, et suis incapable de courrir pour accompagner le mouvement.

Cela c’est bien passé malgré tout, mais c’était épuisant car je passais mon temps à compenser à la force des bras ce que je faisais avant avec les jambes.

Fastoche la tyrolienne, les jambes ne font rien.

Fastoche la tyrolienne, les jambes ne font rien.

Rééducation à la précision dans un "monte-aux-arbres"

Rééducation à la précision dans un "monte-aux-arbres"

On se prépare pour la plus grande tyrolienne du monde.

On se prépare pour la plus grande tyrolienne du monde.

Le plus beau parcours se situe avant Termignon, à Avrieux, où se trouve la plus grande tyrolienne du monde : 640 mètres de long et 180 mètres de haut au dessus d’une gorge encaissée enjambée par le pont du diable.

Le Parcobranches du diable tire son nom de ce fameux pont.

C’est aussi un très beau site très intéressant et chargé d’histoire puisqu’il est situé à côté de la Redoute Marie-Thérèse, qui est le fort d’entrée de la Barrière de l’Esseillon, constituée de cinq forts italiens gardant la frontière contre les français… et se trouvant à notre époque du côté français depuis le rattachement de la savoie en 1860.

Je vous conseille cette tyrolienne, aucune difficulté sauf pour ceux qui souffrent du vertige, l’arrivée se fait en douceur et l’on est même contraint de finir en se tirant avec les mains, mais bon sang quelle vue !

Profitez de la visite des forts, elle est gratuite et interessante.
Et puis la vue est si belle !

La plus grande tyrolienne du monde, 640m de long et 180m de haut. Le petit point noir, c'est moi !

La plus grande tyrolienne du monde, 640m de long et 180m de haut. Le petit point noir, c'est moi !

 

Retour au travail.

Voilà, les meilleures choses ayant une fin, j’ai repris le travail.

Je pensais pouvoir reprendre à temps plein, hélas, les douleurs sont toujours là et même si je marche mieux, sans canne et sans bâtons de marche nordique, les transports en commun sont encore une souffrance, mais cela s’est amélioré et je garde le moral.

Voici les liens vers le parcobranches du diable :
ParcoBranches du Diable

Si vous passez par là, cela vaut le détour.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *